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À lire en #1 : Moyenne et risques extrêmes.

Dernière mise à jour : 10 janv.

L'explorateur Roald Amundsen :

​En 1911, ayant entendu que Scott se préparait pour atteindre le Pôle Sud, il quitte Oslo et joue le tout pour le tout avec une équipe de cinq explorateurs. Après avoir perdu plusieurs quêtes du Pôle Nord, il mise son destin sur le Pôle Sud. Son audace insensée aurait dû le mener à l'échec. Pourtant, de manière paradoxale mais héroïque, il fut le premier à atteindre le Pôle Sud.

Robert Scott :

Financé et équipé par La "Royal Geographical Society", il constitue une équipe de 65 personnes, dans laquelle se trouve le génie en météorologie de l'époque. Malgré cela, il meurt avec quatre autres membres de son équipe, après avoir atteint le Pôle Sud. Il a été incapable de rejoindre le camp de base qui les aurait sauvé des températures extrêmes du début de l'hiver austral. En faisant un parallèle entre la volatilité des actifs financiers et les écarts de températures extrêmes en fonction des hivers, il est possible de ressentir la notion de régime de marché et de son importance en matière de gestion des risques. En fonction du régime de marché, un investisseur peut prendre soit plus de risque comme Amundsen ou se presser de les réduire, comme il aurait été préférable pour Scott de le faire.

4 choses à retenir pour la gestion des risques :

#1 L'observation de la performance a posteriori ne reflète pas nécessairement la qualité de l'analyse a priori. La chance peut permet de générer de la performance mais, sur le long terme, la chance ne se répète pas indéfiniment, elle suit une marche aléatoire, ce qui ne permet pas sécuriser le capital investi. #2 L'existence d'une gestion des risques n'apporte pas la certitude d'éviter les pertes importantes. Seules les méthodes de gestion des risques basées sur l'étude des baisses extrêmes permet de garantir une sécurisation du capital. #3 Les moyennes sont des approximations. Pour développer une gestion des risques efficaces en matière de sécurisation du capital, les cas extrêmes de baisses jouent un rôle essentiel. #4 Les cas extrêmes ne sont pas identiques selon les régimes de marché, positifs comme négatifs.


Comment expliquer que Scott a échoué malgré sa préparation ?

Scott avait planifié un retour au camp de base avant le début du mois de mars. Alors que les estimations moyennes se sont avérées exactes sur les 90 années qui ont suivi, en 1912, dès le milieu du mois de février, les températures sont tombées en-dessous de -30°C (graphique du dessus), condamnant les explorateurs de son équipe.

Scott prend plusieurs mauvaises décisions, pourtant intelligentes si la température avait été conforme à la moyenne estimée. Mais elles rallongent la durée de son retour, jusqu'à l'arrivée précoce de conditions qui ne sont pas endurables. En n'estimant pas le "pire scénario" possible d'un été austral, il leur a manqué une durée "tampon", inutile en moyenne, mais qui les aurait sauvés en 1912.


Estimation moyenne des températures et températures réelles de 1912

Effets négatifs qui se cumulent et qui se décuplent En dessous de -30°C (-20°F):

  • le trajet quotidien moyen passe de 25km à 5km du fait de l'absence d'effet de glisse sur la neige qui ne fond plus et dont la friction équivaut du sable

  • la probabilité d'apparition d'engelures, rendant l'effort de randonnée quasiment impossible, augmente de 50% à 95%

L'équipe de Scott a eu une gestion des risques basée sur l'estimation de la température moyenne et non pas sur la garantie de survie dans les pires scénarios imaginables d'un été austral. Cela les a menés à une mauvaise prise de décision.




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